NOTRE UNIVERS

« A un céréalier français qui veut aujourd'hui diminuer ses coûts, il faut dire la vérité : ce n'est pas en élargissant les surfaces qu'il cultive qu'il parviendra à être plus compétitif ; à ce jeu là, il perdra toujours face au céréalier ukrainien. Mais il peut y arriver, en diminuant ses engrais, sa consommation de carburant, en revenant vers des produits de qualité, de terroir, à une agriculture hautement productive et à forte valeur ajoutée environnementale. C'est vrai, c'est une révolution des mentalités, et il y a de quoi être paniqué. Mais c'est aussi parler franc - et c'est ce qu'ils attendent - que de leur dire qu'il n'y a pas d'autre voie à suivre. Sinon on va droit dans le mur.» (Marc DUFUMIER, agronome)



Manger (vraiment) bio et local ?
Les produits biologiques garantissent un mode de production respectueux de la santé et de l'environnement. Mais il est parfois difficile de s'y retrouver : multiplication des labels, « vrai bio non labélisé », bio importé ou sans mention de l'origine...

C'est pourquoi Alternoo a pris le parti de proposer exclusivement des produits issus de l'agriculture biologique de proximité. Notre Charte garantit l'origine locale, la qualité et la traçabilité des produits.

L'approvisionnement régional permet de garantir des produits frais de la plus grande qualité, récoltés ou préparés jusqu'à la veille du jour de livraison. Nous fonctionnons selon un principe de « zéro stock » sur les produits frais.

L'agriculture biologique : plus chère ?
A la production, c'est un fait : l'agriculture biologique coûte plus chère car elle nécessite beaucoup de main d'œuvre. Mais, au final, est-ce que les produits non bio coûtent vraiment moins cher ?

Rappelons qu'un produit bio, local et équitable ne peut pas coûter le même prix qu'un produit importé, stocké ou standardisé. Il faut comparer ce qui est comparable. En prenant un peu de recul, on s'aperçoit aussi que les produits issus de l'agriculture dite « conventionnelle » se payent encore après le passage en caisse.

A titre d'exemple, le coût du traitement de l'eau potable et les dépenses liées (achats de bouteilles d'eau, filtres, etc) : « Pour les ménages des localités les plus polluées, ces dépenses supplémentaires pourraient atteindre 494 euros par an, soit un surcoût de près de 140 % de la facture d'eau moyenne » (source : Commissariat Général au Développement Durable, octobre 2011).

On pourrait également ajouter à la facture le coût, difficilement évaluable en euros, de notre souveraineté alimentaire, de notre santé, de la destruction de la richesse du vivant et des conséquences environnementales pour les générations futures.

Aujourd'hui le prix des aliments est directement lié au prix du pétrole : le pétrole est indispensable à l'industrie des engrais et produits phyto-sanitaires, aux machines agricoles, au transport, à la réfrigération. La hausse du prix du pétrole est donc forcément répercutée sur le prix des aliments, ou sur la qualité. Quelles seront les conséquences lorsque le litre d'essence passera la barre des 2, puis des 3€ ? Se poser cette question n'est pas un refus du progrès : il s'agit bien de chercher des solutions pour s'affranchir du « tout pétrole », car les énergies fossiles se font rares.

Et si on suivait une autre logique ?
Le système qui a prévalu depuis 50 ans montre aujourd'hui ses limites : pollution, crises sanitaires, hausse du coût de l'énergie, volatilité des prix des denrées alimentaires, disparition des petites exploitations agricoles... Depuis des années les prix des aliments augmentent alors que les prix payés aux producteurs baissent. Aujourd'hui les denrées alimentaires de base sont devenues des objets de spéculation, comme n'importe quelle matière première.

Nous ne sommes pas pessimistes, bien au contraire : il existe d'autres logiques, et dans une société de consommation, c'est le consommateur qui donne le ton.

Passer par une filière courte ou acheter en direct aux producteurs permet de soutenir les petites exploitations. Cela garantit le maintien d'un tissu économique rural, d'une capacité de production alimentaire diversifiée, et une relative indépendance face aux fluctuations des marchés. Nous sommes convaincus de la nécessité d'une déconnexion partielle de la production alimentaire aux logiques du marché global, afin de pouvoir mettre sur pied une logique économique basée sur la réalité des territoires.

"Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible" (St Exupery)

Qui est derrière Alternoo ?

La société Alternoo a été créée et est gérée par Benjamin DE COSTER, 32 ans, géographe et agent de développement local.

"La géographie a toujours été une passion : je m'intéresse depuis longtemps aux questions agricoles, économiques, territoriales, aux relations entre les hommes et leurs milieux, aux liens entre local et global. Mais je suis aussi un bon vivant, qui aime la bonne cuisine et ses moments de convivialité !

Lorsque je me suis installé en ville, j'ai été frappé par la difficulté de trouver des aliments de qualité. J'ai eu la chance de connaître enfant les légumes du jardin, et je désespérais de ne pas retrouver ces odeurs et ces goûts. En cherchant une alternative aux circuits habituels je découvrais des mots nouveaux, un peu étranges : "amap", "locavores", "biodynamie", "agroécologie"...

C'est alors que je me suis décidé à mettre en place une filière courte : pour faire le lien entre les producteurs et les consommateurs, rendre accessible une alimentation saine et de qualité et développer une agriculture vraiment soutenable pour demain. Je cherchais une terre d'accueil, et ce fut la Haute-Normandie : un territoire très en retard concernant l'agriculture biologique (1% des surfaces cultivées en 2011), avec de véritables trésors culinaires et des producteurs passionnés. Je rencontrais d'un côté des producteurs qui cherchaient des débouchés en circuit court et réguliers, de l'autre des citadins à la recherche de ces produits rares ; et aucune filière courte biologique à Rouen, à l'exception des excellentes alternatives que sont les Amap. Il ne restait plus qu'à retrousser ses manches !

Le bio n'est pas une mode mais bien une alternative à l'agriculture conventionnelle, dont les sustances chimiques détruisent la vie biologique des sols et polluent les nappes phréatiques. Le discours selon lequel seules les sciences et la technique pourront nourrir les futurs 10 milliards d'être humains n'est pas exact : de nombreuses études officielles ont prouvé que l'agriculture non chimique (agro-écologie) est plus productive à l'hectare et s'adapte mieux aux changements climatiques.

La liberté du choix alimentaire est un droit fondamental, aujourd'hui mis en péril. Veillons activement à ne pas en être dépossédés."